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Paul Krugman soutient un plafonnement temporaire des loyers contre la spéculation en Europe

L’économiste américain Paul Krugman préconise un plafonnement temporaire des loyers face à la flambée des coûts du logement en Europe. Il alerte aussi sur la dette publique française et les risques industriels.

Rédaction Helvetic Markets · 4 Nov 2026 · 11:00 · 3 min de lecture
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Paul Krugman soutient un plafonnement temporaire des loyers contre la spéculation en Europe
Photo: Moritz Twente / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Depuis près de deux mois, une vague de contestation sociale fait descendre des foules dans la rue dans plusieurs pays européens, où la hausse persistante du coût de la vie pèse lourdement. Les manifestations en Albanie, en Italie, en France, en Belgique, en Allemagne, au Portugal et en Espagne ont des motifs variés. Le coût croissant du logement, qui s’aggrave depuis 2010, constitue toutefois un grief majeur, surtout chez les jeunes.

Le logement est une condition fondamentale de la sécurité économique. La Commission européenne a présenté en septembre une proposition législative sur le sujet. Paul Krugman explique à Euronews que le problème dépasse l’Europe et accepte le plafonnement des loyers comme mesure temporaire à effet immédiat contre la spéculation. Selon lui, il faut construire davantage et lever les restrictions à la construction. Là où celle-ci a été libéralisée, les prix immobiliers ont sensiblement diminué.

Paul Krugman reconnaît que la situation est difficile à supporter. Dans la couverture des manifestations récentes en Italie, un étudiant de 21 ans indiquait qu’une chambre à Rome coûtait désormais 1 200 euros. Dans un avis sur le plan de la Commission, l’Union européenne des étudiants avertit que les pratiques spéculatives excluent des milliers de jeunes de l’enseignement supérieur. Selon l’Association européenne des universités, les étudiants qui ne vivent pas chez leurs parents consacrent près de 40 % de leurs revenus mensuels au logement. La Commission et le Parlement européens reconnaissent aussi que la financiarisation du logement, les fonds traitant les biens comme des actifs rentables, contribue à de fortes hausses de prix.

Construire des logements prenant trois à cinq ans dans plusieurs pays européens, Paul Krugman privilégie une stabilisation des loyers de deuxième génération. Le prix Nobel 2008 relève que New York stabilise les loyers sous un maire qui laisse place aux incitations et à la construction : les deux démarches peuvent coexister. À New York, un indice fixe la hausse annuelle maximale des loyers. Les promoteurs privés proposant une part importante de logements réglementés peuvent bénéficier d’exonérations fiscales jusqu’à 40 ans. Le dispositif berlinois, prolongé jusqu’en 2029, limite les hausses à 10 % au-dessus du loyer local comparable et exempte les logements occupés et loués pour la première fois après octobre 2014. Paul Krugman juge ces outils imparfaits et utiles pendant quelques années au plus si la construction avance, mais rapidement bénéfiques.

La dette publique française, à 119 % du produit intérieur brut, inquiète par ailleurs les marchés et rappelle les précédentes crises de la dette souveraine. Selon Paul Krugman, une trajectoire crédible de soutenabilité budgétaire écarterait le besoin d’austérité à court terme. Le problème français serait simple, l’âge de la retraite étant bas. Il redoute une crise comparable à celle du Portugal de 2010 à 2012, avertissant qu’un défaut français pourrait provoquer des déséquilibres systémiques. Ce serait catastrophique pour l’Europe et pourrait emporter tout l’eurosystème. Contrairement à un pays périphérique comme le Portugal, la France est la deuxième économie européenne : après avoir été jugée trop grande pour faire faillite, elle serait désormais, selon lui, trop grande pour être sauvée, faute de ressources pour renflouer 20 % du PIB de la zone euro.

L’Europe subit aussi les droits de douane américains et la surproduction chinoise, qui inonde le marché de l’UE de produits subventionnés. Paul Krugman estime qu’elle risque une désindustrialisation partielle, même si son industrie automobile peut redevenir compétitive. L’ajustement est difficile : corriger les erreurs passées pourrait intervenir trop tard si l’écosystème industriel disparaît. Des protections sont donc nécessaires. Connu pour défendre les marchés ouverts et le libre-échange, l’économiste recommande une posture défensive dans le contexte géopolitique actuel et juge malheureusement nécessaire un protectionnisme temporaire.

Source: Euronews – Business

Cet article a été produit avec l'assistance de l'IA par le desk marchés de Helvetic Markets.
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